02/02/2026

Paris‑Saclay Cancer Cluster : moteurs d’innovation médicale – un biocluster de classe mondiale au cœur de Villejuif

Paris‑Saclay Cancer Cluster : moteurs d’innovation médicale – un biocluster de classe mondiale au cœur de Villejuif

Introduction


Depuis quelques années, la France mise sur des bioclusters pour transformer son excellence scientifique en innovations médicales concrètes. Parmi ces initiatives, le Paris‑Saclay Cancer Cluster (PSCC) occupe une place centrale. Sélectionné par l’État dans le cadre du plan France 2030, ce biocluster dédié à l’oncologie vise à accélérer le développement de nouveaux traitements et diagnostics contre le cancer. Il réunit des acteurs de renom comme Gustave Roussy, Sanofi, l’Inserm, l’Université Paris‑Saclay et l’Institut Polytechnique de Paris et s’appuie sur un écosystème unique implanté à Villejuif.


Origine et mission du Paris‑Saclay Cancer Cluster


Le PSCC a été créé sous la forme d’une Fondation de coopération scientifique (FCS), de droit privé, à but non lucratif et d’intérêt général. Ses fondateurs – Gustave Roussy, Sanofi, l’Inserm, l’Université Paris‑Saclay et l’Institut Polytechnique de Paris – ont été rejoints dès la première heure par des partenaires tels qu’Unicancer, l’Institut Curie, l’AP‑HP et Medicen. L’objectif : combler le fossé entre la recherche fondamentale et la mise sur le marché de solutions thérapeutiques et diagnostiques.

En juin 2021, le président Emmanuel Macron annonçait dans le cadre de France 2030 un appel à projets « Biocluster » pour créer des pôles de classe mondiale. L’initiative a conduit à la création du PSCC, officiellement lancé le 4 février 2022, lors de la Journée mondiale contre le cancer. L’ambition du cluster est de transformer le destin de millions de patients en réduisant les 20 millions de nouveaux cas de cancer et les 9,7 millions de décès annuels dans le monde. Pour y parvenir, le PSCC souhaite hisser la France et l’Europe au premier rang des systèmes et industries de santé en convertissant l’excellence académique en solutions thérapeutiques et diagnostiques.


Les fondateurs et un réseau d’experts


Le modèle du PSCC repose sur la collaboration. Les fondateurs apportent chacun des expertises complémentaires :

  • Gustave Roussy : premier centre de lutte contre le cancer en Europe, reconnu pour ses avancées en immunothérapie et médecine de précision.

  • Sanofi : géant pharmaceutique contribuant au développement industriel et au financement.

  • Inserm : institut national de recherche médicale assurant le continuum entre recherche fondamentale et appliquée.

  • Université Paris‑Saclay et Institut Polytechnique de Paris : établissements d’enseignement supérieur et de recherche apportant des compétences en biologie, mathématiques, physique et intelligence artificielle.

Cette alliance reflète la qualité et l’étendue de leur réseau, qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur de l’oncologie – du laboratoire au lit du patient. Le PSCC s’appuie également sur des conseils scientifiques, éthique, data et investissement composés d’experts internationaux pour orienter sa stratégie et sélectionner les projets innovants.


Un modèle de collaboration et d’interdisciplinarité


Le modèle du PSCC mise sur la proximité et l’interdisciplinarité. À l’ère de l’économie numérique, le cluster fait le pari d’un lieu physique d’excellence ouvert aux universitaires, start‑ups, industriels, patients et institutions, situé sur le Campus Grand Parc à Villejuif. Ce lieu concentre toutes les ressources nécessaires à l’innovation : talents, technologies, réseau, financement, espaces, accès aux patients et aux données.

L’interdisciplinarité est au cœur de sa démarche : le PSCC fait converger biologie, mathématiques, physique, intelligence artificielle, dispositifs médicaux et santé numérique. Pour faciliter les démarches des innovateurs, il a mis en place un guichet unique (SOO) qui oriente les porteurs de projets vers les bons experts, plateformes technologiques, financements et partenaires. Ce guichet simplifie l’accès à un écosystème riche en compétences, tout en adoptant une approche sélective : seules les initiatives en phase précoce (idéation, création, pré‑amorçage, amorçage, accélération), scientifiquement créatives et à fort potentiel diagnostique ou thérapeutique sont accompagnées.


Campus Grand Parc : un site stratégique pour l’innovation


Le PSCC s’installe au Campus Grand Parc, à Villejuif. Ce site de 100 000 m² (dont 45 000 m² disponibles d’ici fin 2025) est consacré aux sociétés de biotechnologie et aux équipes industrielles de R&D. Au‑delà des espaces de travail, il s’agit d’un véritable quartier de vie mêlant logements, commerces, écoles et parcs.

Situé à quelques dizaines de mètres de l’Institut Gustave Roussy et proche des centres de recherche européens tels que l’Institut Curie et l’AP‑HP, le campus offre un accès privilégié aux infrastructures, plateformes technologiques, essais cliniques et experts en oncologie. Cette proximité favorise la cross‑fertilisation des talents et permet aux projets de profiter d’un environnement riche en compétences. L’État a reconnu cet atout : le PSCC est premier lauréat de l’appel à projets Biocluster du plan France 2030. La subvention de 80 à 100 millions d’euros sur 10 ans, complétée par des investissements publics et privés (dont Sanofi), servira de levier pour structurer une offre d’excellence en matière d’expertise, données de santé, échantillons biologiques et plateformes technologiques.


L’immeuble LAB 116 : un moteur d’innovation intégré


Fer de lance du Campus Grand Parc, l’immeuble LAB 116 est le premier bâtiment opérationnel où s’installera le PSCC en janvier 2025. Géré par Perelis, ce bâtiment de 7 000 m² est conçu pour l’innovation en sciences de la vie : il offre 50 % de bureaux et 50 % de laboratoires et sera accessible dès octobre 2024.

Pour mieux comprendre son rôle stratégique, il suffit de se rendre sur le site officiel LAB 116. Le bâtiment, situé à 200 m de la station Villejuif – Institut Gustave Roussy (ligne 14 et future ligne 15 du métro), constitue un écosystème immobilier pour les entreprises innovantes en santé. Ses 7 000 m² d’espaces modulables incluent des laboratoires certifiés L1/L2, une salle blanche de 580 m² et des plateaux configurables sur mesure pour les besoins de R&D et de production. Le site propose des équipements techniques intégrés (réseau CVC, zones techniques, aire de livraison) et est labellisé BREEAM® Very Good, attestant de son engagement en matière de durabilité.

Le LAB 116 est également doté de 77 places de parking, de terrasses végétalisées et d’une capacité d’accueil de 440 personnes. Grâce à sa localisation stratégique, il est relié au centre de Paris en 17 minutes par la ligne 14 et sera connecté à la future ligne 15, avec un accès routier direct par l’A6B. L’ensemble s’inscrit dans un projet urbain de 82 hectares qui comprend 150 000 m² d’activités économiques, 3 300 logements et 30 hectares d’espaces naturels.


Une ambition soutenue par le plan France 2030


Le PSCC a été le premier lauréat de l’appel Biocluster lancé par le plan France 2030. Le gouvernement français lui accorde 80 à 100 millions d’euros sur dix ans afin de structurer une offre d’innovation unique en son genre. Ces fonds, complétés par des investissements privés, permettront d’offrir un guichet unique aux projets innovants : accès aux meilleures expertises, aux données de santé et échantillons biologiques, à des plateformes technologiques de pointe et à un accompagnement allant jusqu’aux essais cliniques de phase I/II.

Le cœur du cluster sera implanté à Villejuif, dans la ZAC Campus Grand Parc, à proximité de Gustave Roussy, et sera desservi par la ligne 14 (extension du métro). Les start‑ups et équipes R&D, des jeunes pousses aux grands groupes, pourront s’y installer pour bénéficier d’un environnement favorisant les interactions et l’accélération de projets.


Accompagnement des projets innovants : services et premiers lauréats


Le PSCC met en place un programme d’accompagnement sur mesure pour accélérer les innovations en oncologie. Les services incluent :

  • Coaching et expertise : accès à des experts de haut niveau en biologie, intelligence artificielle, physique et autres disciplines.

  • Technologies avancées : plateformes de thérapie cellulaire, de séquençage et de transcriptomique.

  • Financement : mise en relation avec des investisseurs publics et privés (capital‑risque, appels à projets).

  • Espaces et infrastructures : bureaux, laboratoires et salles blanches au sein de LAB 116 et des autres bâtiments du Campus Grand Parc.

  • Accès clinique : soutien aux essais de phases I et II via les hôpitaux partenaires.

  • Données et échantillons : accès à des données cliniques et échantillons biologiques anonymisés.


Grâce à cet arsenal d’outils, le PSCC a sélectionné une première cohorte de projets portés par des start‑ups prometteuses. Parmi eux :

  1. PEGASCY : développement d’anticorps bispécifiques pour traiter le sarcome d’Ewing et le cancer de l’endomètre.

  2. Smart Catch : solutions de biopsie liquide utilisant la filtration de cellules tumorales circulantes pour le cancer du sein triple négatif.

  3. Apmonia Therapeutics : thérapies peptidiques ciblant la matrice extracellulaire et le stroma tumoral, avec des candidats pour des tumeurs solides telles que le glioblastome et le cancer ovarien.

  4. Ardan Pharma : petites molécules modulant l’inflammation via les voies TMEM176B/A pour renforcer l’immunité antitumorale.

  5. Gimli : plateforme SaaS utilisant le traitement automatique du langage naturel et l’apprentissage automatique pour structurer les données de santé en oncologie.

  6. PepKon et PEP‑Therapy : peptides induisant la mort sélective des cellules cancéreuses, dont le candidat PEP‑010 actuellement en essai clinique.

En soutenant ces projets, le PSCC démontre sa capacité à attirer des innovations de rupture et à faciliter leur maturation vers des solutions concrètes pour les patients.


Des alliances pour amplifier l’impact


Le PSCC multiplie les partenariats pour renforcer son écosystème. En juin 2025, il a signé un accord stratégique avec Future4Care, un écosystème européen dédié à la santé numérique. Cette collaboration vise à soutenir les start‑ups à l’intersection de l’oncologie et du numérique en mettant en commun les réseaux et les compétences de chaque structure. Les deux partenaires s’engagent à coorganiser des événements, à faciliter l’accès aux données de santé et à co‑développer des outils de soutien aux projets. Le président du PSCC, Eric Vivier, a souligné que cette alliance permet d’élargir l’offre de soutien aux start‑ups en combinant l’expertise scientifique et clinique du PSCC avec l’innovation numérique portée par Future4Care.


Impact attendu et perspectives


L’ambition du Paris‑Saclay Cancer Cluster est de positionner la France parmi les leaders mondiaux de l’innovation en oncologie. Unique en Europe par sa taille et son ambition, ce biocluster doit permettre de réduire les délais entre la découverte scientifique et l’accès des patients à de nouveaux traitements. En créant un guichet unique et en réunissant sur un même lieu des acteurs publics et privés, le PSCC cherche à lever les verrous réglementaires, financiers et techniques qui freinent l’innovation.

L’installation du cluster au LAB 116 et plus largement sur le Campus Grand Parc symbolise cette volonté de rapprocher les chercheurs, les cliniciens et les industriels. Avec ses espaces modulables, ses infrastructures de pointe et sa localisation au cœur d’un écosystème scientifique, le LAB 116 constitue un véritable moteur d’innovation médicale. En soutenant des projets prometteurs et en favorisant des collaborations internationales, le PSCC a le potentiel d’améliorer significativement la prise en charge des patients atteints de cancer et de contribuer à faire de la région Paris‑Saclay un pôle d’excellence en oncologie.