30/03/2026

Paris‑Saclay Cancer Cluster : moteurs d’innovation médicale en 2026

Paris‑Saclay Cancer Cluster : moteurs d’innovation médicale en 2026

Espace de laboratoires au sein de LAB 116

Introduction


Depuis quelques années, la France parie sur des bioclusters pour transformer son excellence scientifique en innovations concrètes. Le Paris‑Saclay Cancer Cluster (PSCC) est une figure de proue de cette stratégie. Lancé officiellement le 4 février 2022 à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, ce biocluster dédié à l’oncologie vise à accélérer le développement de nouveaux traitements et diagnostics en passant plus rapidement de la recherche fondamentale au lit du patient. Sélectionné dans le cadre du plan France 2030, il réunit des acteurs de premier plan – Gustave Roussy, Sanofi, l’Inserm, l’Université Paris‑Saclay et l’Institut Polytechnique de Paris – et s’appuie sur un écosystème unique implanté à Villejuif. En 2026, le cluster dispose déjà de 45 000 m² de plateformes au Campus Grand Parc, héberge plus de 250 professionnels et soutient près de 80 projets ayant levé plus de 200 millions d’euros.


Origine et mission du Paris‑Saclay Cancer Cluster


Le PSCC a été créé sous la forme d’une Fondation de coopération scientifique (FCS) à but non lucratif. Ses fondateurs – Gustave Roussy, Sanofi, l’Inserm, l’Université Paris‑Saclay et l’Institut Polytechnique de Paris – ont reçu le soutien immédiat d’Unicancer, de l’Institut Curie, de l’AP‑HP et du pôle de compétitivité Medicen. Ce consortium a répondu à l’appel à projets Biocluster lancé en 2021 dans le cadre de France 2030, et a officiellement lancé le PSCC le 4 février 2022.

La mission du cluster est de combler le fossé entre la recherche fondamentale et la mise sur le marché de solutions thérapeutiques et diagnostiques. En France et dans le monde, le cancer représente plus de 22 millions de nouveaux cas par an. L’ambition du PSCC est de réduire ces chiffres en convertissant l’excellence académique en traitements et en diagnostics, afin que la France et l’Europe prennent le leadership mondial en oncologie.


Des fondateurs solides et des partenariats stratégiques


Chaque membre fondateur apporte des compétences complémentaires :

  • Gustave Roussy : premier centre de lutte contre le cancer en Europe, reconnu pour ses avancées en immunothérapie et en médecine de précision.

  • Sanofi : acteur pharmaceutique majeur qui apporte son expertise industrielle et financière.

  • Inserm : institut national de recherche médicale assurant le continuum entre recherche fondamentale et appliquée.

  • Université Paris‑Saclay et Institut Polytechnique de Paris : universités et grandes écoles apportant des compétences en biologie, mathématiques, physique et intelligence artificielle.

Autour de ce socle, le PSCC a noué des partenariats stratégiques qui amplifient son impact. En juin 2025, il a signé un accord avec Future4Care, un écosystème dédié à la santé numérique. L’objectif est de soutenir les start‑ups à l’interface de l’oncologie et du numérique : promotion croisée des services, co‑organisation d’événements et aide à l’accès aux données de santé. Les deux structures prévoient également d’animer des groupes de travail sur l’intelligence artificielle et de co‑développer des outils d’accompagnement pour les entreprises.

La collaboration avec Servier illustre aussi cette dynamique. En mars 2026, le laboratoire a accueilli des représentants du PSCC dans son Institut R&D de Saclay pour partager les ingrédients d’un partenariat réussi. Les responsables ont insisté sur la transparence et l’alignement stratégique : Servier apporte son expertise en développement clinique, réglementaire et accès au marché, tandis que le PSCC fournit un flux d’innovations issues des start‑ups et des laboratoires académiques. Des thématiques de pointe comme les jumeaux numériques et les foundation models en oncologie ont été discutées pour préparer les traitements de demain.


Un modèle de collaboration et d’interdisciplinarité


Le PSCC mise sur la proximité et l’interdisciplinarité. Contrairement à une simple plateforme virtuelle, le cluster repose sur un lieu physique d’excellence au Campus Grand Parc de Villejuif. Ce site de 100 000 m² (dont 45 000 m² disponibles fin 2025) est conçu pour accueillir laboratoires, bureaux et services mutualisés. En 2026, il abrite déjà sept sociétés et près de 250 personnes issues des start‑ups, des grandes entreprises et des équipes de recherche de Gustave Roussy.

Le guichet unique du PSCC oriente les porteurs de projets vers les bonnes ressources : experts, plateformes technologiques, partenaires financiers et accès aux patients. L’accompagnement est sélectif : seules les initiatives en phase précoce et à fort potentiel diagnostique ou thérapeutique sont retenues. L’interdisciplinarité est encouragée : biologie, mathématiques, physique, intelligence artificielle, dispositifs médicaux et santé numérique se croisent pour générer des innovations de rupture.


PSCC DATA : des données pour accélérer la recherche


La plateforme PSCC DATA constitue un levier stratégique. Elle crée une infrastructure sécurisée donnant accès à des données de vie réelle et à des échantillons biologiques fournis par les principaux centres de lutte contre le cancer. En 2025, douze études de faisabilité avaient déjà été réalisées en s’appuyant sur quatre bases de données hospitalières et plus de 275 000 patients. Les données couvrent déjà plus de 30 variables (objectif : 102) et un partenariat européen a été établi avec le German Cancer Research Center (DKFZ). À partir de 2026, la plateforme entre en phase beta pour les acteurs biopharma, medtech et IA, avec un enrichissement des variables et l’élargissement du réseau de centres.


Un bilan 2025 remarquable et une montée en puissance en 2026


L’année 2025 a constitué un tournant pour le PSCC :

  • Près de 80 projets soutenus, ayant levé plus de 200 millions d’euros depuis 2023.

  • Huit plateformes technologiques de pointe financées dans le cadre de France 2030 et déjà opérationnelles dans les hôpitaux partenaires.

  • Plus de 250 experts académiques et industriels mobilisés pour accompagner les start‑ups et projets innovants.

  • Plus de 60 événements (ateliers, forums, sessions de mise en relation) organisés en 2025 pour faciliter les rencontres avec investisseurs et industriels.

Pour 2026, le PSCC prévoit une nouvelle phase d’accélération :

  • Lancement d’un programme BOOST élargi avec une enveloppe de 2,5 millions d’euros pour financer 10 start‑ups à hauteur de 250 000 € chacune lors d’étapes clés.

  • Déploiement de PSCC DATA en mode beta avec davantage de variables harmonisées et un accès ouvert aux acteurs de la biopharma, du medtech et de l’IA.

  • Arrivée de nouveaux industriels au Campus Grand Parc pour renforcer la capacité d’exécution et l’échelle du biocluster.


Campus Grand Parc : un site stratégique pour l’innovation


Le Campus Grand Parc est le cœur opérationnel du PSCC. Installé à Villejuif, il se situe à quelques dizaines de mètres de l’Institut Gustave Roussy et est relié au centre de Paris en moins de vingt minutes via la ligne 14 du métro. Le site offre :

  • Des laboratoires “plug & play” pour la R&D précoce.

  • Des espaces modulables de laboratoires et bureaux pour start‑ups en croissance.

  • Des solutions immobilières sur mesure pour les projets matures.

  • Un Innovation Center géré par Kadans Science Partner facilitant la collaboration.

  • À partir de 2026, des services scientifiques mutualisés opérés par des CRO : vivarium, culture cellulaire, omiques et histologie.

Le campus héberge également plusieurs bâtiments dédiés :

  • Lab 116 by Perelis : bâtiment emblématique de 7 000 m² composé pour moitié de bureaux et pour moitié de laboratoires, certifié BREEAM® Very Good. Il dispose de laboratoires L1/L2, d’une salle blanche de 580 m², de 77 places de parking et d’une capacité d’accueil d’environ 440 personnes. L’emménagement a commencé en octobre 2024 et le PSCC s’y est installé en janvier 2025. Sa proximité avec la station Villejuif – Institut Gustave Roussy (ligne 14 et future ligne 15) permet de rejoindre le centre de Paris en 17 minutes.

  • Byos by Amundi : un immeuble de 15 000 m² dédié aux bureaux, livré en février 2025.

  • The Hive (Kadans) : bâtiment de 24 500 m² (50 % bureaux, 50 % laboratoires) livré en novembre 2025.

  • Spark (Bart Patriarche) : immeuble de 5 000 m² dédié aux bureaux, événements et réseau, disponible au deuxième trimestre 2026.

Ces infrastructures, associées aux commerces, logements et espaces verts du campus, créent un véritable quartier de vie propice à l’innovation.


Une ambition soutenue par le plan France 2030


Le PSCC a été le premier lauréat de l’appel Biocluster du plan France 2030. L’État français lui accorde 80 à 100 millions d’euros sur dix ans, auxquels s’ajoutent des investissements privés, notamment de Sanofi. Ces fonds servent de levier pour constituer un guichet unique d’innovation : accès aux meilleurs experts, aux données de santé, aux échantillons biologiques, aux plateformes technologiques et aux essais cliniques de phases I/II. Le cœur du cluster est implanté dans la ZAC Campus Grand Parc, à proximité immédiate de Gustave Roussy et bientôt relié par la ligne 15 du métro. Start‑ups et équipes R&D peuvent ainsi s’installer dans un environnement favorisant les interactions et l’accélération de projets.


Accompagnement des projets innovants : services et nouveaux lauréats


Le PSCC propose un programme d’accompagnement sur mesure comprenant :

  • Coaching et expertise : accès à des experts en biologie, IA, physique et autres disciplines.

  • Technologies avancées : plateformes de thérapie cellulaire, de séquençage et de transcriptomique.

  • Financement : mise en relation avec investisseurs publics et privés, et programmes comme BOOST.

  • Espaces et infrastructures : laboratoires, bureaux et salles blanches au sein du Campus Grand Parc.

  • Accès clinique : soutien aux essais de phases I et II grâce aux hôpitaux partenaires.

  • Données et échantillons : accès à des données cliniques et à des échantillons biologiques anonymisés via PSCC DATA.

  • Formation : programmes d’entrepreneuriat (par exemple OncoEntrepreneur) pour développer l’esprit d’entreprise chez les chercheurs.


Projets soutenus : un portefeuille en constante expansion


Depuis 2023, le PSCC a sélectionné plus de 80 projets. Les cohortes successives illustrent la diversité des approches soutenues :

  • Cohorte 2023 : des start‑ups comme PEGASCY (anticorps bispécifiques pour le sarcome d’Ewing), Smart Catch (biopsie liquide par filtration de cellules tumorales circulantes) ou Apmonia Therapeutics (peptides ciblant la matrice extracellulaire) ont inauguré le programme.

  • Cohorte 2025 : neuf nouveaux projets ont été retenus, couvrant des domaines variés : digital twins en oncologie (Lafame), biopsies liquides en temps réel (METHYS Dx), immunothérapies de nouvelle génération (BiPER Therapeutics, Spice Bio), IA pour le dépistage urinaire (Peekcell) et nanotechnologies (Tatum Biosciences).

  • Mars 2026 : cinq nouvelles start‑ups rejoignent le programme BOOST : Allogenica, qui développe une thérapie cellulaire universelle basée sur des précurseurs de cellules T pour des tumeurs solides ; Harmonix, qui met au point des microbulles fonctionnalisables pour délivrer des thérapies géniques à travers la barrière hématoencéphalique ; Kahimmune, qui identifie des néo‑antigènes afin de concevoir des vaccins anticancéreux ; Lutèce Dynamics, qui développe une technologie de microscopie 3D sans marquage pour suivre l’activité cellulaire ; et Superbranche, qui conçoit des nanoparticules magnétiques permettant le suivi in vivo de médicaments.


Des start‑ups emblématiques établies sur le Campus


Le PSCC met aussi en avant des entreprises de pointe installées au Campus Grand Parc :

  • LiveRNA : start‑up issue de travaux de l’Institut Curie, de l’Université de Pennsylvanie et de l’hôpital San Raffaele. Elle développe une nouvelle génération d’immunothérapies visant les 80 % de patients qui ne répondent pas aux traitements actuels. Sa technologie active la protéine cGAS pour déclencher une alerte immunitaire et repose sur une approche mRNA semblable aux vaccins contre la COVID‑19. Son candidat LIV‑01 cible l’hépatocarcinome (HCC) et a montré en préclinique une efficacité supérieure aux combinaisons d’immunothérapies standards.

  • One Biosciences : spin‑off de l’Institut Curie spécialisée dans la médecine de précision et les technologies unicellulaires. Sa solution OneMap analyse l’hétérogénéité tumorale et aide les oncologues à choisir la meilleure thérapie. La start‑up collabore avec Gustave Roussy, l’AP‑HP et Sanofi et a bouclé une levée de 15 millions d’euros en 2025.

  • Brenus Pharma : biotech lyonnaise en phase clinique qui développe la plateforme Stimulated Ghost Cells pour former le système immunitaire à reconnaître des tumeurs en constante évolution. Son candidat STC‑1010 est en essai de phase I/IIa dans le cancer colorectal métastatique et l’entreprise a levé 23 millions d’euros en 2024.


Des alliances pour amplifier l’impact


Au‑delà du soutien financier et technologique, le PSCC multiplie les alliances pour renforcer son écosystème. L’accord avec Future4Care facilite l’accès des start‑ups à l’innovation numérique et à la donnée de santé en co‑organisant des événements, en menant des enquêtes auprès des entreprises et en élaborant des outils communs.

Les échanges réguliers avec Servier témoignent aussi de cette volonté de décloisonnement. L’intégration de thématiques comme les jumeaux numériques et les foundation models au sein des discussions montre l’ambition du PSCC d’intégrer l’IA et les technologies de modélisation dans le développement de nouveaux traitements.


Impact attendu et perspectives


En se dotant d’un guichet unique, en rapprochant chercheurs, cliniciens et industriels sur un même site et en s’appuyant sur un cadre réglementaire et éthique robuste, le PSCC veut réduire les délais entre la découverte scientifique et l’accès des patients aux innovations. L’intégration de plateformes de données, de technologies de pointe et d’espaces modulables fait du Campus Grand Parc un véritable moteur d’innovation médicale.

Avec le soutien financier de France 2030, l’élargissement du programme BOOST et l’arrivée de nouveaux partenaires industriels, le PSCC se positionne en leader européen de l’innovation en oncologie. En créant des synergies entre santé et numérique, en accueillant des start‑ups de rupture et en encourageant la collaboration internationale, il contribue à améliorer la prise en charge des patients et à faire de la région Paris‑Saclay un pôle d’excellence mondial.


Conclusion


En 2026, le Paris‑Saclay Cancer Cluster démontre la pertinence du modèle de biocluster pour accélérer l’innovation en santé. Né de la collaboration entre des institutions académiques, des centres hospitaliers et des industriels, il a su structurer un écosystème complet allant de la recherche fondamentale à l’industrialisation. L’installation du cluster au Campus Grand Parc et notamment dans le bâtiment LAB 116 symbolise la volonté de rapprocher les équipes et de mettre à disposition des innovateurs des infrastructures adaptées. Grâce à un financement massif, à un accompagnement personnalisé des start‑ups et à des partenariats avec des acteurs majeurs du numérique et de l’industrie pharmaceutique, le PSCC se positionne comme un levier indispensable pour faire émerger les traitements anticancéreux de demain et placer la France au cœur de la lutte mondiale contre le cancer.